août 2006


lobbyseal-lgminiature-01.gif Après le terrorisme, les armes de destruction massive, le contre-espionnage, l’Iran et la Corée du Nord, la CIA vient d’ouvrir une mission spéciale sur le Venezuela et Cuba. Ce nouveau bureau spécialisé a été placé sous la direction de Patrick Maher, agent de la CIA depuis 32 ans. [voir le communiqué]

De son côté, le Venezuela a arrêté le week-end du 26 août un camion-valise diplomatique, sous prétexte qu’il s’agirait de matériel de contrebande destinéà l’espionnage.

Source : Le Figaro

lobbyseal-lgminiature-01.gif Les locaux du quotidien italien La Repubblica ont été perquisitionnés le 11 août dernier, dans le cadre d’une enquête de la justice italienne sur l’enlèvement de l’imam Abu Omar par la CIA.

Arrivés à dix heures du matin dans la rédaction milanaise du journal, dix agents de la police financière ont fouillé pendant onze heures les bureaux. Ils ont visité la Repubblica à Rome de minuit à quatre heures, alors que plusieurs journalistes sont accusés de recel de documents secrets et de violation du secret de l’instruction.

L’imam Abu Omar a été enlevé en février 2003 sur le territoire italien par les services américains. La collaboration du Servizio per la Informazioni e la Sicurezza Militare (SMSI), services secrets militaires italiens, n’a pas été établie dans l’opération mais le patron, Lorenzo Pillinini a été intérrogé dans le cadre de l’affaire Abu Omar. C’est son témoignage qui a été reproduit dans la presse, provoquant les présentes perquisitions.

menora-01.gif Le Mossad veut assassiner Khaled Mechaal, chef du Hamas en exil, prétend Mohammed Nazal. Ce membre du Bureau politique du Mouvement de la résistance islamique évoque de nombreux renseignements sur les activités des services israéliens, qui ne seraient pourtant pas encore au stade de la mise en oeuvre.

Source : Jerusalem Post,

lobbyseal-lgminiature-01.gif Plusieurs hauts faits des services américains auraient réduit la vulnérabilité des Etats-Unis vis-à-vis d’Al-Qaida.

Depuis 2001, la société de transfert d’argent Western Union collabore avec les services américains. Outre la surveillance des mouvements de fonds, la CIA a également espionné le réseau de virements bancaires Swift.

En 2003, un ordinateur avec le plan détaillé d’un dispositif permettant de diffuser une combinaison létale de cyanure de sodium et d’hydrogène (par exemple dans un réseau de transports publics) a été saisi à Bahreïn, en compagnie de cinq terroristes.

La même année, une taupe pakistanaise à la solde de la CIA révèle que le numéro 2 d’Al-Qaida Ayman Al-Zawahiri, a annulé une attaque chimique contre le métro de New York, 45 jours avant le coup d’envoi de l’opération.

Source : Le Nouvel Observateur, 17-23 août 2006

014200262301lzzzzzzz-01.jpg Coup de cœur pour Le Grand Roman de la CIA. Sur 890 pages Robert Littell égrène avec précision cinquante ans d’aventures CIAiennes et dans leur sillage un demi-siècle d’Histoire et de tractations politiques. Mieux encore que du Le Carré, cet ouvrage excelle dans la complétude : on effeuille à la fois roman, mémento historique et manuel d’espionnage.

La Guerre froide et Alice au pays des merveilles pour fils conducteurs, et quelques agents pour guides à travers les méandres de l’histoire font de La Compagnie une œuvre remarquablement troussée. L’Amérique d’après-guerre et l’Union Soviétique à son apogée politique sont le décor du recrutement des agents. Leurs premières missions nous replongent dans l’Histoire : Berlin avant le mur, Budapest en 1956, la mort de Staline. De grands moments de l’Histoire qui alternent avec les grandes joies de la vie : mariages et mutations sont l’occasion pour Littell de donner une épaisseur romanesque à ses personnages et un aperçu des milieux politiques de Washington.

C’est ensuite au tour de grandes figures historiques d’être plongées dans le récit et d’en prendre pour leur grade de fiction : les frères Kennedy et leurs accointances mafieuses sont au coeur de la baie des Cochons, Reagan sort peu glorieux de l’épisode afghan, Andropov alité est veillé par un agent familier du lecteur, sans oublier le pape Jean Paul Ier dont la mort mystérieuse (déjà envisagée romancièrement dans Le Parrain III de Coppola) fait objet ici d’une nouvelle interpréation. Boris Eltsine est un autre héros et Vladimir Poutine trouve également sa voie vers la postérité littéraire.

D’autres événements – Watergate, prise d’otages de Téhéran, affaire des Contras – trouvent une place dans les pages du livre dans la bouche des personnages qui livrent leur analyse politique. Enfin, narrer l’histoire de la CIA, c’est aussi conter celle du KGB et l’agence soviétique et ses méthodes de travail sont amplement exposés dans le livre. L’Histoire sociale accompagne tout cela : on apprend ici que Madonna cartonne dans les charts, là que l’informatique gagne de l’importance, ailleurs que la structure familiale évolue.

Fabuleux conteur, Littell est aussi excellent analyste. Son récit est régulièrement ponctué d’indices sur la complexité diplomatique du travail des services de renseignement. Tout amateur d’Histoire, de politique, d’espionnage et de bonnes feuilles trouvera plus que son bonheur dans The Company.